Tennis Club Savigné-Gizeux
Physique & prévention28 juil. 2026 · 6 min · intermédiaire

Le jeu de jambes et les appuis

On dit que le tennis se joue avec les jambes. Placement, petits pas d’ajustement, appuis équilibrés : ce qui sépare le joueur qui subit de celui qui frappe juste.

Un joueur en position d’appui pour frapper
Sommaire

Il existe une phrase que tous les enseignants répètent, et que tous les joueurs finissent par comprendre : le tennis se joue avec les jambes. Cela surprend le débutant, qui pense d’abord au bras et à la raquette. Pourtant, la vérité est là : un coup raté est presque toujours un coup mal placé, c’est-à-dire un problème de jambes avant d’être un problème de bras. Le meilleur coup droit du monde ne vaut rien si vous arrivez en retard, mal équilibré, trop loin ou trop près de la balle.

Cet article s’adresse au joueur intermédiaire qui frappe correctement mais sent qu’il « court après la balle » ou qu’il frappe souvent en déséquilibre. Comprendre et travailler le jeu de jambes, c’est franchir un vrai palier, car on cesse de subir pour commencer à choisir.

Pourquoi les jambes commandent tout

Un coup de tennis puissant et précis naît d’un bon placement. Si vous êtes à la bonne distance de la balle, jambes fléchies, équilibré, le geste du bras devient simple et se répète facilement. Si vous êtes mal placé — trop loin, obligé de tendre le bras, ou trop près, coincé — même le meilleur geste se dégrade. Autrement dit, le bras exécute, mais ce sont les jambes qui préparent la réussite.

Les jambes assurent aussi le transfert d’énergie. La puissance d’une frappe monte du sol : les jambes poussent, le tronc pivote, et cette énergie remonte jusqu’à la raquette. Un joueur planté sur des jambes tendues frappe « avec le bras » et manque de puissance ; un joueur qui plie les jambes et pousse frappe fort sans forcer. Enfin, ce sont les jambes qui permettent de se replacer après chaque coup — et le replacement est ce qui distingue le joueur régulier de celui qui perd le point sur le deuxième échange.

La position d’attente : prêt à partir

Tout commence avant même que l’adversaire frappe. La bonne position d’attente, c’est un corps légèrement fléchi, poids sur l’avant des pieds, jambes actives et prêtes à s’élancer dans n’importe quelle direction. Un joueur planté sur ses talons, jambes tendues, part toujours en retard.

Le petit sursaut d’appel, ce léger saut au moment où l’adversaire frappe, est le secret des joueurs réactifs. Il remet le corps en tension juste avant le départ et permet de s’élancer instantanément du bon côté. Sans lui, on démarre à froid, avec un temps de retard qui explique bien des balles atteintes de justesse.

Les grands pas pour aller, les petits pas pour ajuster

Se déplacer efficacement, ce n’est pas courir vite en ligne droite. C’est enchaîner deux types de pas. Les grands pas, souvent des pas chassés ou une course, servent à couvrir la distance et à se rapprocher de la balle. Les petits pas d’ajustement, réalisés dans les derniers appuis, servent à se caler précisément à la bonne distance avant de frapper.

C’est cette phase d’ajustement que négligent la plupart des joueurs intermédiaires. Ils courent jusqu’à la balle puis frappent depuis leur dernier grand pas, souvent mal calés. Le geste des bons joueurs paraît fluide parce qu’ils multiplient les petits pas juste avant l’impact, pour être toujours à la distance idéale. Ces petits pas sont invisibles au spectateur mais font toute la différence.

  • Les grands pas : pas chassés ou course pour couvrir la distance rapidement.
  • Les petits pas d’ajustement : dans les derniers appuis, pour se caler exactement à la bonne distance de la balle.
  • Le replacement : après la frappe, on repart aussitôt vers le centre pour préparer le coup suivant.

Des appuis équilibrés au moment de frapper

Au moment de l’impact, l’idéal est un appui stable et équilibré, jambes fléchies, poids qui se transfère vers l’avant, dans le sens de la frappe. C’est ce qu’on appelle un appui « fermé » ou « ouvert » selon les situations, mais le principe commun reste l’équilibre : on ne frappe bien que sur des appuis maîtrisés.

Le joueur intermédiaire frappe trop souvent en reculant ou en déséquilibre, ce qui envoie la balle n’importe où. Frapper en avançant, ou au moins stable, donne du contrôle et de la puissance. Mieux vaut parfois frapper un peu moins fort mais bien équilibré que se jeter sur une balle et perdre tout contrôle. L’équilibre au moment de l’impact est un objectif à part entière.

Le replacement : le coup d’après

Un point ne s’arrête pas à votre frappe. Dès que vous avez frappé, la question devient : où sera la prochaine balle ? Le replacement consiste à revenir vers une position centrale, adaptée à la situation, pour être prêt à couvrir le terrain. Un joueur qui admire son coup au lieu de se replacer se fait déborder sur le renvoi le plus simple.

Le bon replacement n’est pas toujours au centre géométrique du court : il dépend d’où vous avez envoyé la balle et des angles que l’adversaire peut prendre. Mais le principe reste : après chaque frappe, on repart. Cette discipline, épuisante au début, devient un automatisme et transforme complètement la solidité d’un joueur en fond de court.

Travailler son jeu de jambes

Le jeu de jambes se travaille, sur le court comme en dehors. Sur le court, les exercices de déplacement — jouer en se forçant à faire le petit sursaut, enchaîner des coups d’un coin à l’autre en se replaçant à chaque fois — ancrent les bons réflexes. Beaucoup de séances d’entraînement en club incluent ce travail d’appuis, parfois avec des plots ou une échelle de rythme.

En dehors du court, le renforcement des jambes et le travail de l’explosivité paient directement. Un joueur qui a des cuisses solides reste bas plus longtemps et se déplace plus vite en fin de match. Notre article sur le renforcement à la maison propose des exercices utiles, et un bon échauffement des appuis, décrit dans s’échauffer en dix minutes, prépare les jambes au jeu dès la première balle.

Un coup raté est presque toujours un coup mal placé : le bras exécute, les jambes décident.

Le palier qui change le jeu

Beaucoup de joueurs intermédiaires cherchent à améliorer leur geste alors que leur vrai frein est le placement. Travailler le jeu de jambes, c’est souvent le chemin le plus court vers un jeu plus régulier et plus puissant, sans rien changer à la technique de frappe. On arrive plus tôt, on frappe équilibré, on se replace, et soudain les échanges tiennent. Au club, l’enseignant intègre volontiers ce travail dans les séances : demandez-lui d’insister sur vos déplacements. C’est peut-être là, plus que dans votre coup droit, que se trouve votre prochaine marge de progression.

Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de douleur persistante, consultez un médecin ou un kinésithérapeute.

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