Tennis Club Savigné-Gizeux
Le mental14 sept. 2026 · 6 min · intermédiaire

La concentration : s’entraîner à revenir au présent

La concentration n’est pas un don, c’est une habitude qui se travaille. Comprendre pourquoi l’attention s’échappe, et s’entraîner à la ramener, point après point.

Un joueur concentré avant de servir
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Vous connaissez sans doute cette scène. Vous menez tranquillement, le jeu roule, et puis, sans prévenir, votre tête part ailleurs : le résultat, la personne qui vous regarde du bord du court, cette faute idiote du jeu précédent. Trois points plus tard, vous avez perdu le fil, et vous ne savez plus très bien pourquoi. La concentration vient de vous quitter — et ce n’est ni un manque de sérieux, ni un défaut de caractère. C’est simplement le fonctionnement normal de l’attention humaine, que l’on peut apprendre à maîtriser.

Cet article ne va pas vous demander de « rester concentré » comme on l’ordonne à un enfant distrait. Cela ne marche pas, et vous le savez. Il va vous proposer autre chose : comprendre pourquoi l’attention s’échappe, et vous donner une méthode concrète pour la ramener, encore et encore, sans vous épuiser.

Se concentrer, ce n’est pas ne penser à rien

On imagine souvent la concentration comme un état de calme absolu, une sorte de bulle où plus aucune pensée parasite n’entre. C’est une illusion, et une illusion décourageante, parce qu’elle est inatteignable. Même les meilleurs joueurs du monde ont des pensées qui surgissent en plein match.

La vraie concentration n’est pas l’absence de distraction : c’est la capacité de revenir vite à ce qui compte, à chaque fois que l’esprit s’égare. Ce n’est pas un état, c’est un mouvement. On se déconcentre, on revient. On se déconcentre encore, on revient encore. Un joueur concentré n’est pas quelqu’un qui ne pense jamais à autre chose ; c’est quelqu’un qui remarque vite qu’il est parti, et qui sait comment se ramener.

Ce changement de regard est libérateur. Vous n’avez plus à culpabiliser d’être distrait — tout le monde l’est. Vous avez seulement à travailler le retour.

Pourquoi l’attention s’échappe

L’attention part rarement au hasard. Elle est attirée par trois grands aimants, toujours les mêmes.

  • Le passé : la faute qu’on rumine, le point mal joué, la balle facile ratée. On rejoue mentalement ce qui est déjà terminé.
  • Le futur : le score, la peur de perdre, l’envie de gagner vite, ce qu’on dira après le match. On vit un point qui n’est pas encore arrivé.
  • L’extérieur : le regard des autres, le bruit, l’adversaire qui prend son temps, une remarque entendue au bord du court.

Ces trois aimants ont un point commun : aucun ne concerne la balle que vous devez jouer maintenant. Or, au tennis, une seule chose compte réellement à un instant donné : la trajectoire de la prochaine balle et ce que vous allez en faire. Tout le reste est du bruit.

Comprendre cela donne une boussole simple. Chaque fois que votre esprit part vers le passé, le futur ou l’extérieur, il quitte le présent — et c’est précisément là, dans le présent, que se gagnent les points.

Une cible d’attention concrète

Le conseil « concentre-toi » échoue toujours parce qu’il ne dit pas sur quoi. Le cerveau a besoin d’un point d’ancrage précis, pas d’une injonction vague. La bonne nouvelle, c’est que le tennis en offre de très concrets.

Beaucoup de joueurs se fixent sur la balle : non pas « la balle » en général, mais ses coutures, sa rotation, le moment exact où elle rebondit. D’autres s’ancrent sur leur respiration entre les points, ou sur la sensation de leurs appuis au sol. L’ancre importe peu ; ce qui compte, c’est qu’elle soit sensorielle, présente, et impossible à confondre avec une pensée.

Quand l’attention a un endroit précis où se poser, elle a beaucoup moins de raisons d’aller vagabonder. Et quand elle vagabonde quand même, vous savez exactement où la ramener.

Le retour, plutôt que la vigilance

Une erreur fréquente consiste à vouloir « tenir » sa concentration par la force, en serrant les dents, comme on retient sa respiration. Cette vigilance crispée est épuisante et intenable : au bout de quelques jeux, elle craque, et la déconcentration qui suit est d’autant plus brutale.

La concentration durable fonctionne autrement. Elle accepte que l’attention parte, et elle mise tout sur la vitesse du retour. Plutôt que de lutter pour ne jamais décrocher, on s’entraîne à décrocher moins longtemps. C’est infiniment moins fatigant et bien plus efficace sur la durée d’un match.

Alterner tension et relâchement

Personne ne peut rester pleinement concentré une heure et demie d’affilée. Heureusement, le tennis ne le demande pas. Le jeu est fait de points courts entrecoupés de temps morts, et cette structure est un cadeau : elle permet d’alterner des phases de concentration intense pendant l’échange et des phases de relâchement entre les points.

Un joueur qui reste tendu du premier au dernier point s’use mentalement et arrive vidé dans le troisième set. Un joueur qui apprend à « lâcher » entre les points — marcher, respirer, regarder son cordage, penser à autre chose deux secondes — recharge sa capacité d’attention et la retrouve intacte pour l’échange suivant.

La concentration n’est donc pas un effort continu, mais un rythme : je me concentre pour le point, je relâche après, je me reconcentre pour le suivant. Ce rythme s’apprend, et il fait toute la différence en fin de match.

Un travail d’entraînement, pas seulement de match

On aimerait que la concentration se décrète le jour du match. Elle se construit en réalité à l’entraînement, dans des conditions banales. Si vous laissez votre esprit vagabonder pendant chaque panier de balles, vous entraînez votre cerveau à vagabonder — et il le fera aussi en compétition.

À l’inverse, chaque séance est une occasion de muscler le retour au présent. Suivre la balle, sentir ses appuis, respirer entre les frappes : ces habitudes prises à froid deviennent des réflexes le jour où l’enjeu monte. La concentration est une compétence, et comme toute compétence, elle se répète jusqu’à devenir naturelle.

On ne se concentre pas plus fort. On revient plus vite.

S’exercer au club

La concentration se travaille mieux dans le jeu réel que dans les grands discours. Au Tennis Club Savigné-Gizeux, les matchs entre membres et le Challenge interne offrent exactement le terrain qu’il faut : des points qui comptent un peu, sans pression excessive, où l’on peut essayer ses ancres et observer ce qui fonctionne pour soi. Point après point, séance après séance, le retour au présent devient une seconde nature — et votre jeu s’en trouve transformé.

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