Tennis Club Savigné-Gizeux
Technique14 sept. 2026 · 7 min · débutant

Le coup droit : les fondamentaux

Le coup le plus utilisé du tennis mérite qu’on s’y attarde. La prise, la préparation, le point de frappe : les fondamentaux d’un coup droit simple et fiable.

Un joueur frappe un coup droit
Sommaire

Le coup droit est le coup que vous jouerez le plus souvent, quel que soit votre niveau. C’est aussi celui qu’on apprend en premier, parce qu’il est le plus naturel : frapper une balle du côté de sa main dominante ressemble à un geste qu’on fait déjà sans y penser, lancer un caillou ou balayer d’un revers de main. Cette familiarité est un atout, mais elle cache un piège : parce que le geste vient tout seul, on prend vite de mauvaises habitudes difficiles à corriger ensuite. Autant poser dès le départ des bases saines.

Cet article passe en revue les fondamentaux d’un coup droit simple et fiable. Pas le coup droit spectaculaire des joueurs professionnels, mais celui qui vous permettra d’échanger longtemps, de placer la balle où vous voulez et de construire vos points. Le reste viendra ensuite, avec les répétitions.

La prise : par où tout commence

Tout part de la façon dont vous tenez la raquette. Un débutant tient souvent sa raquette comme une poêle à frire, la paume à plat derrière le manche. Cette prise, dite « marteau », semble naturelle mais bloque le poignet et empêche de produire le moindre effet. Elle mène droit vers un jeu plat et fragile.

La prise recommandée pour commencer est la prise semi-fermée, souvent appelée prise « eastern ». Pour la trouver simplement, posez la paume de votre main à plat contre le tamis de la raquette, puis faites glisser cette main vers le manche jusqu’à le saisir. Vous obtenez naturellement une prise où la paume est légèrement derrière et sous le manche. C’est la prise polyvalente par excellence : elle permet de frapper à plat, de monter progressivement vers le lift, et de rester à l’aise sur les balles hautes comme basses.

Ne cherchez pas d’emblée les prises très fermées des joueurs de compétition. Elles produisent beaucoup d’effet mais compliquent le jeu au début. Une bonne prise eastern est la fondation sur laquelle tout se construit.

La position d’attente et le premier geste

Avant même de frapper, tout se joue dans la posture d’attente. Tenez-vous face au filet, les pieds écartés de la largeur des épaules, le poids légèrement sur l’avant des pieds, les genoux souples. La raquette est tenue devant vous, à deux mains — la main libre soutient le cœur de la raquette. Cette position, dynamique et prête à réagir, s’appelle la position de replacement.

Dès que vous voyez la balle venir de votre côté droit (pour un droitier), le tout premier geste n’est pas de reculer la raquette : c’est de tourner les épaules. On appelle cela l’armé, ou la préparation. Les épaules pivotent, la raquette part vers l’arrière, et vous vous placez de profil par rapport au filet. Ce pivot du buste est le moteur du coup : c’est lui qui donnera de la puissance sans que vous ayez à forcer avec le bras.

Se déplacer vers la balle

Un coup droit se joue rarement pieds fixes, immobile là où l’on se trouve. La qualité du déplacement précède la qualité de la frappe : mieux vous vous placez, plus le geste devient facile. L’idéal est d’arriver légèrement en amont de la balle, de manière à la frapper devant soi, jamais dans les jambes ou trop loin du corps.

On distingue deux appuis principaux. L’appui « fermé », le plus classique pour débuter : le pied gauche (pour un droitier) avance vers le filet au moment de la frappe, ce qui permet de transférer le poids du corps vers l’avant. Et l’appui « ouvert », plus moderne, où l’on reste davantage de face — utile quand on manque de temps. Au début, privilégiez l’appui fermé : il enseigne le transfert de poids, qui est la source d’une frappe saine.

Le point de frappe : devant, à hauteur de hanche

Voici sans doute le point le plus important, et le plus mal compris des débutants. La balle doit être frappée devant vous, à hauteur de hanche ou de cuisse, à une distance confortable du corps où le bras est presque tendu sans l’être complètement. C’est là que le geste est le plus puissant et le plus contrôlable.

Frapper trop tard, quand la balle est déjà à côté de soi ou derrière, oblige à « rattraper » avec le bras et produit un coup mou et imprécis. Frapper trop près du corps coince le geste. L’image utile est celle d’un point de frappe « dans la fenêtre » : devant, sur le côté, à bonne hauteur. Tout votre déplacement doit viser à amener la balle dans cette fenêtre.

liftslice

Le schéma ci-dessus rappelle une chose essentielle : une balle ne voyage pas en ligne droite parallèle au sol. Elle décrit une courbe. Comprendre cette trajectoire aide à se placer sous la balle et à la cueillir au bon moment de sa descente, plutôt que de la subir.

L’accompagnement : la balle « poussée »

Après le contact, le geste ne s’arrête pas net. La raquette continue son chemin vers l’avant et vers le haut, dans la direction où vous voulez envoyer la balle, avant de finir sa course au-dessus de l’épaule opposée. C’est l’accompagnement, ou le « finish ».

Beaucoup de débutants « tapent » la balle et stoppent aussitôt le geste, comme s’ils frappaient un clou. Résultat : la balle part sans direction ni longueur. À l’inverse, un accompagnement ample et vers le haut donne à la fois du contrôle, de la longueur et les prémices de l’effet lifté. Pensez à « pousser » la balle vers votre cible, longuement, plutôt qu’à la cogner.

Le regard et l’équilibre

Deux détails invisibles font une grande différence. Le premier est le regard : gardez les yeux sur la balle jusqu’au contact, sans relever la tête trop tôt pour regarder où part votre coup. Relever la tête « en avance » est l’une des causes les plus fréquentes de fautes chez le débutant, parce que la tête entraîne les épaules et ouvre le coup prématurément.

Le second est l’équilibre. Un coup droit se frappe sur des appuis stables. Si vous êtes en train de tomber vers l’arrière ou déséquilibré au moment de la frappe, aucune technique de bras ne pourra sauver le coup. D’où l’importance, encore une fois, du déplacement : bien se placer, c’est se donner les moyens d’être équilibré à l’instant du contact.

  • La prise eastern, polyvalente et facile à trouver avec la paume à plat sur le tamis.
  • La préparation par le pivot des épaules, pas par le bras seul.
  • Le point de frappe devant soi, à hauteur de hanche, bras confortablement tendu.
  • L’accompagnement ample vers le haut, la raquette finissant au-dessus de l’épaule opposée.

Les erreurs qui reviennent le plus

Au-delà de la prise en poêle et du point de frappe trop tardif déjà évoqués, deux défauts reviennent souvent. Le premier est de vouloir frapper trop fort trop tôt : la puissance n’est pas un objectif de débutant, c’est une conséquence d’une bonne technique. Cherchez d’abord la régularité, la puissance suivra.

Le second est de jouer bras cassé, coude collé au corps. Le coup droit a besoin d’un peu d’espace : laissez le bras respirer, gardez une distance confortable avec la balle. Un coup droit joué « à l’étroit » sera toujours crispé et imprécis.

Travailler son coup droit au club

Le coup droit est un coup qu’on n’a jamais fini de perfectionner : même les meilleurs joueurs y consacrent une part de chaque entraînement. Pour un débutant, l’essentiel est de bâtir des fondations saines, et rien ne remplace un œil extérieur qui corrige au bon moment. Aux cours collectifs de l’école de tennis, l’enseignant vous aide à ancrer ces fondamentaux à force de répétitions guidées, dans une ambiance détendue. Deux séances d’essai gratuites vous permettent de venir sentir la différence entre taper dans la balle et frapper un vrai coup droit.